
Patrice Lair avait dit avant la rencontre que ce match pouvait « faire passer un cap » au foot féminin français. L’ambiance d’après match et le pic à 1.8 millions de téléspectateurs réalisé par Direct 8 n’a pu que le conforter dans son idée. Une soixantaine de journalistes français, allemands, anglais avaient envahi la tribune Johnny Haynes et l’espace qui leur était réservé. Il y avait même un journaliste japonais ! Mais c’était une finale de Champion’s League alors est-ce que cet engouement soudain pour le foot féminin peut durer ? Le débat s’est même installé dans les couloirs de Craven Cottage « Tu vas les voir partout dans les prochains jours… », lançait un journaliste. « Ca va durer trois jours et puis ça va retomber…Comme d’habitude », disait cet autre journaliste radio. Car le vrai défi pour le foot au féminin sera de tenir dans la durée, de ne pas avoir qu’un seul évènement éphémère qui attire les médias.
Car pour l’instant Lyon est bien seul dans son championnat. Les 21 victoires en 21 matches l’attestent et atténuent l’intérêt de ce championnat et donc des médias. La Coupe du monde va relancer la machine médiatique mais c’est encore autre chose.
Patrice Lair s’en plaignait encore un peu hier même si la joie « intérieure » l’emportait largement : « Je ne souhaite qu’une chose, qu’on élève le foot au féminin français, que les présidents pensent à investir au niveau de leur équipe féminine. Il faut que l’on ait un championnat qui tienne la route et que, demain, on ait beaucoup plus d’équipes françaises qui rivalisent sur le plan européen. » Un travail de longue haleine en somme. Enfin, Laura Georges en a profité pour gentiment chambrer les journalistes en zone mixte : « Cette victoire va lancer notre Coupe du monde. J’espère que vous, BFM, RTL, Radio Scoop…Vous pourrez nous suivre. » A bon entendeur.